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DECLARATION DE L'UPADS
«Au
moment où se profilent à l’horizon les festivités du cinquantenaire de
l’accession du Congo à la souveraineté internationale, l’Union
Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS), ne peut se passer de
l’interrogation sur ce que nous avons fait de nos cinquante ans, de ce
nous ferons des prochaines années pour qu’elles ne soient plus une
nouvelle longue période de générations sacrifiées.
Dans
notre pays, l’on a vu reculer les valeurs fondatrices de la société et
le triomphe du chacun pour soi, du mépris de l’autre, de la confiscation
de la chose publique et commune, le triomphe de la corruption, de
l’achat des consciences et de l’impunité.
Le
Congo n’a été ni au rendez-vous de l’unité, ni de celui du travail ni
encore moins du progrès. Nous avons ainsi tourné le dos à notre devise
et donc à ce qui aurait dû structurer notre action politique.
Quelques exemples parmi les catastrophes :
Le Système de santé est malade
La recrudescence des maladies
éradiquées
au lendemain des indépendances, la prévalence des pandémies, l’abandon
et le dépérissement des formations sanitaires, la stagnation de
l’espérance de vie autour de cinquante ans, sont le témoignage du
quotidien des Congolais plus familiers des décès et des enterrements,
que des rencontres joyeuses.
La
mort est fréquente et partout présente et très peu est fait pour que le
Congolais survive au moindre incident. Cette situation fait des pompes
funèbres, de manière indécente et paradoxale, le secteur d’activité le
plus rentable financièrement.
L’Etat se transforme ainsi en un Etat croque mort…
L’Ecole est une machine à fabriquer du gâchis
Sur
un échantillon de 100 enfants entrant au primaire, seule la moitié
arrive en 6ème. . La moitié de cette moitié terminera la 3ème et enfin
de compte seul 5% environ réussiront au Baccalauréat.
Le système scolaire aura produit 95% de rebuts, sans formation professionnelle, sans niveau, sans diplôme donc sans avenir.
Le Chômage est massif et endémique
Les
jeunes sont les plus durement frappés. Des générations entières de
jeunes Congolais passeront sans interruption de l’adolescence à l’âge de
la retraite sans avoir jamais connu ce que travail, emploi et salaire
veulent dire.
Non
insérées dans la vie active, ces générations de futurs parents vont
donner naissance à d’autres cohortes de disqualifiés sociaux.
Les infrastructures économiques et sociales sont soit en dégradation continue soit inexistantes
La dégradation de l’environnement et du cadre de vie est devenue insupportable.
La pauvreté s’est muée en misère.
Les taux de pauvreté sont intolérables, on chiffre à près de 70% le nombre de Congolais vivant sous le seuil de pauvreté.
La cupidité, le mépris de la loi et de
l’autre, la préférence donnée à la violence, qu’elle prenne la forme de
violence physique, armée ou psychologique, de la corruption ou de viols
de corps ou de conscience, des injustices et des inégalités ont fini
par déconsidérer la politique et les politiques.
Les
politiques eux-mêmes, en désertant leurs missions de bâtisseurs de la
cité et en se réfugiant derrière la force et la haine se sont
considérablement délégitimés.
L’abstention
aux différentes élections n’est pas un simple avertissement. C’est un
refus des populations d’apporter caution à des pratiques maffieuses qui
ne peuvent qu’aboutir à la fin de la République et au triomphe de la loi
de la jungle dont la conséquence logique est la guerre perpétuelle de
chacun contre tous.
Continuer
de telles pratiques porteuses de risques graves pour le pays est plus
qu’un problème éthique ou moral ; c’est plus que cela, la cohésion et la
paix sociale sont largement menacées.
Les
nouvelles espérances comme les municipalisations lentes ou accélérées
ne sauraient transformer le chemin de croix en chemin du futur.
Devant
la politique de l’impasse et l’impasse de la politique, l’U.P.A.D.S
propose d’autres voies, d’autres pratiques plus en conformité avec notre
devise nationale : Unité -Travail –Progrès et avec nos valeurs.
L’UPADS croit fermement à la nécessité de la reconstruction de l’Unité de ce pays déchiré par les guerres et toutes les dérives.
L’UPADS
croit aux vertus d’une véritable réconciliation et de la justice gages
essentiels pour une paix, un développement et un progrès durable.
Il est temps que certains dirigeants ôtent leurs œillères et se rendent
compte, que mal élus, mal nommés, prédateurs de la chose publique, ils
n’ont d’existence officielle que celle que confère le fusil, tenu par un
autre.
L’assurance ici est dérisoire et passablement risquée.
Il est temps que solution soit apportée à la situation créée par le Coup d’Etat de 1997 et tous les conflits antérieurs
Tous les fils du Congo doivent rentrer au pays, nous pensons à nos camarades encore réfugiés et exilés.
Tous les fils du Congo doivent être mis à contribution pour apporter leur pierre à la construction de leur pays meurtri.
La vérité sur les crimes du Congo doit être connue et rendue publique pour réconcilier le pays avec lui-même.
Tous nos morts doivent être rendues à leurs familles pour bénéficier de sépultures décentes.
Les réparations doivent avoir lieu. Le Congo a besoin de justice pour tous.
Il est temps que la paix des âmes et des cœurs remplace la paix armée dont l’histoire des hommes a toujours révélé la fragilité
L’occasion du cinquantenaire des indépendances, ne doit pas rejoindre la longue file des occasions manquées.
C’est,
consciente de son rôle historique de Parti de gouvernement, que l’UPADS
invite solennellement le Chef de l’Etat à ne plus rater l’occasion de
redonner un espoir au Congo après tant de décennies perdues.
L’Avènement
de la République est un objectif stratégique et l’édification d’une
Nation congolaise indépendante et solidaire doit être notre devoir
sacré.
Je vous remercie.»
Brazzaville
Pascal Gamassa
Chargé de la Permanence du Parti et Président du Conseil des Vice-présidents de l’UPADS.
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