Togo, Soudan, Rwanda, Côte d’Ivoire : l’Afrique débute une saison d’élections présidentielles
Écrit par Claud Ousmane
Carte de l'Afrique
Une
véritable saison d’élections présidentielles commence en Afrique avec le Togo
où le président sortant Faure Gnassingbé affronte le 4 mars cinq autres
candidats. Elevé au lait du pouvoir par son père Gnassingbé Eyadema, Faure
semble avoir pris quelques précautions pour assurer sa réélection : son
principal challenger Gilchrist Olympio ne sera pas en lice. Faute de certificat
médical.
A
peine la présidentielle togolaise passée, le Soudan doit, à son tour, connaître
en avril son premier scrutin pluraliste depuis plus de 30 ans. Au-delà de son
maintien ou non au pouvoir lors de cette élection, le président el-Béchir
bataille pour conserver son immunité et pouvoir échapper à la Cour pénale internationale
(CPI) qui a lancé un mandat d’arrêt contre lui. Il importe de souligner qu’el-Béchir
bénéficie du soutien quasi unanime de tous ses pairs africains qui ne
souhaitent pas que la CPI
fasse un précédent.
L’incertitude ivoirienne
Si
le scrutin soudanais apparaît très ouvert, il reste cependant qu’el-Béchir, au
pouvoir à Khartoum depuis 1989, part avec la prime du sortant, une sérieuse
avance sur ses adversaires. C’est aussi le cas de son homologue rwandais Paul
Kagamé qui brigue en mai prochain un second mandat de 7 ans à la tête du
Rwanda. Lors de cette deuxième présidentielle pluraliste depuis le génocide de
1994, le président Kagamé sera face à une opposition divisée mais aussi
entravée par le Front patriotique rwandais (FPR, parti au pouvoir). Plusieurs
observateurs estiment d’ailleurs que l’issue de la présidentielle rwandaise ne
fait guère de doute : Paul Kagamé est pratiquement assuré de succéder à
lui-même pour un second mandat septennat, théoriquement le dernier, selon la Constitution
rwandaise.
Si au Togo, au Soudan et au
Rwanda la date du scrutin présidentiel est connue, en revanche en Côte d’Ivoire
personne ne peut dire à quelle échéance les Ivoiriens iraient aux urnes
désigner le successeur du président Gbagbo, candidat à sa propre succession
après dix années au pouvoir, dont cinq années gratuites faute d’élections.
Après six reports du scrutin, personne, ni en Côte d’Ivoire ni à l’étranger, ne
peut dire aujourd’hui à quelle date la présidentielle ivoirienne aura lieu. On
présume seulement que ce sera un jour de 2010.