Nicolas Sarkozy en visite au Gabon, au Mali et au Rwanda
Écrit par Big bang
Sarkozy
à Libreville, Bamako et Kigali : Objectif préserver la Françafrique
Que vaut la France sans son pré carré
africain ? Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy avait promis la
rupture lors de son discours de Dakar. Mais sa pratique montre le contraire,
il s'incruste sur le registre de la continuité du Gaullisme, opportunisme
politique oblige. Nicolas Sarkozy n'envisage plus de sacrifier " les
bijoux de famille" que constitue l'Afrique, désormais convoitée par
d'autres puissances telles que les Etats-Unis et certains pays émergents plus
pragmatiques comme la Chine,
la Corée du sud
et les monarchies du Golfe persique. "L'homme des reformes" n'ose pas
s'avancer sur ce terrain, les intérêts étant trop énormes.
Sarko à Bamako
Dans la capitale malienne où il s'est rendu ce
jeudi 25 février, le président de la
France est allé saluer l'otage français Pierre Camatte qui vient
d'être libéré par l'Aqmi qui le retenait en captivité. L'Aqmi, une succursale
d'Al Qaïda qui sévit dans le Maghreb islamique, entre l'Algérie, la Mauritanie et le Mali.
Faisant d'une pierre deux coups, il va également remercier le président malien
Amadou Toumani Touré dont le rôle non négligeable joué dans cette libération, a
déclenché la grogne de ses voisins algériens et mauritaniens qui, courroucés
ont rappelé leurs ambassadeurs pour consultation.
Sarkozy a signé à Libreville un nouvel accord
de « défense rénové »
Ali Bongo(G)et Nicolas Sarkozy (D)
Le déplacement de Nicolas Sarkozy au Gabon ce
mercredi 24 février a eu pour objet d'adouber Ali Bongo et de consacrer sa
victoire dans la pure tradition françafricaine. Officiellement il a justifié sa
visite en ces termes : « Je suis venu pour refonder une relation
privilégiée entre nos deux pays », « Je vous propose un
contrat qui témoigne d’une relation décomplexée. Témoins : le nouveau plan
stratégique pour le développement du Gabon dans les cinq ans qui viennent et le
nouvel accord de défense qui sera totalement transparent.
Six accords de partenariat portant sur le plan économique et
militaire ont été signés ce 24 février à Libreville par le président français,
Nicolas Sarkozy, et son homologue gabonais, Ali Bongo, pour un montant global
de 56,33 milliards de francs CFA.
Libreville où vivent près de 11 millions de
français est une plaquetournantestratégiquement indispensable
pour Paris en Afrique subsaharienne. Après Bongo père, Bongo fils est du pain
béni pour la politique de la
France en Afrique, pour le maintien des ses acquis et de son
influence dans le golfe de Guinée.La Françafrique a encore
de beaux jours dans cette configuration.
Paris reconnaitra t-elle ses fautes à Kigali ?
Paul Kagame
Au Rwanda dernière étape de cette tournée
africaine, Nicolas Sarkozy va sceller le 26 février la réconciliation avec Paul Kagamé. Les
relations de l'axe Paris Kigali se sont fortement détériorées. Ponctuées d'une
rupture des liens diplomatiques et d'un feuilleton judiciaire à la clé, à la
suite du rôle ambigüe joué par la
France pendant le génocide de 1994. En représailles, le
Rwanda avait dans la foulé claqué la porte de la francophonie, renoncé au
français comme langue officielle, intégré le Commonwealth et adopté l'anglais
comme première langue.
Vont -ils parler des sujets qui fachent avant de tourner la page ?
Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères avait
éffectué recemment un déplacement dans ce pays pour déblayer le
terrain et arrondir les angles.