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Déclaration du Conseil des Vice Présidents de l'UPADS suite aux propos de Monsieur le Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation sur les antennes de RFI
Ce lundi 06 octobre 2008, dans les premières heures de la matinée, les Congolais ont suivi sur les antennes de RFI, la réponse de Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à l’interpellation du Porte-parole de l’A.R.D qui demandait la mise à plat du processus électoral en cours dans le pays, en commençant notamment par le recensement administratif spécial consensuel.
Dans sa réponse, Monsieur le Ministre évacue d’un revers de la main, comme à son habitude, cette requête légitime, pour s’abriter derrière la révision des listes électorales. En pratique, cela signifie que le Gouvernement ne veut pas changer son option stratégique d’organiser seul ses élections, selon son bon plaisir, dans le but inavoué de se maintenir au pouvoir. Ses Préfets, Sous Préfets et Maires, sa Force dite abusivement « publique » et la CONEL (Commission Nationale d’Organisation des Elections) sont réactivités pour reproduire à l’identique le scénario déjà observé aux élections législatives de 2007 et aux locales de 2008.
A l’appui de sa déclaration, Monsieur le Ministre prend à témoin les partis politiques de l’opposition ayant pris part aux élections de 2007 et 2008, semblant ainsi démontrer la fiabilité et la sincérité desdits scrutins.
L’U.PA.D.S qui a pris part à ces consultations en toute connaissance de cause et pour des raisons internes évidentes, s’étonne des déclarations de Monsieur le Ministre et du satisfecit qu’il s’accorde, alors que le monde entier sait que les élections de 2007 et de 2008 étaient, pour le moins, chaotiques. Un rapport de l’Union Africaine sur ces élections juge sévèrement les organisateurs de ces scrutins honteux pour notre pays.
L’U.PA.D.S rappelle à Monsieur le Ministre et à l’opinion publique tant nationale qu’internationale, qu’elle a rédigé un LIVRE BLANC sur les élections au Congo, dans lequel elle met à nu le déni démocratique, ses méthodes et ses œuvres ! Elle vient de tirer toutes les conséquences des mauvaises pratiques électorales congolaises, en se retirant de la CONEL, véritable coquille vide qui sert de masque au Gouvernement pour gérer seul les opérations électorales qu’il jure toujours de gagner partout et à tout prix.
L’U.PA.D.S invite le Gouvernement à un sursaut national, en renonçant à la logique de la guerre et du passage en force dans laquelle il s’est enfermé depuis 1997, et en ouvrant le dialogue avec le Congo réel. On ne peut prétendre la paix et créer en même temps toutes les conditions pouvant conduire à des violences. La force, même maquillée, ne saurait être une méthode de gouvernement pour un système qui revendique son caractère démocratique.
L’U.PA.D.S pense que pour préserver le pays des violences postélectorales qui sont, hélas, légion en Afrique, le Gouvernement devrait privilégier l’intérêt général et écouter le Congo profond qui a exprimé son ras-le-bol devant la classe politique congolaise, en s’abstenant massivement aux élections locales de 2008.
L’U.PA.D.S appelle la Communauté internationale à user de toute son influence, pour rappeler au Gouvernement congolais ses engagements internationaux en matière de démocratie.
Fait à Brazzaville, le 09 octobre 2008
Pour le Conseil des Vice-présidents de l’U.PA.D.S
Le Permanent par intérim,
Emmanuel KIALA MATOUBA
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